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Festival Papillons de Nuit #14 – Jour 3 (08/06/14)

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Le lendemain matin, un beau soleil achève de cuire les festivaliers assommés par trois jours de festival. Heureusement des forces vives de tous âges arrivent en masse ce dimanche clairement identifié comme une journée plus familiale pour les Papillons. C’est au gagnant du tremplin Tendance Ouest, Dorian’s Grace que revient l’honneur d’ouvrir, à l’heure du goûter, cette troisième et dernière journée. Les quelques familles et adolescents égarés sur le site applaudissent la fougue des jeunes ébroïciens (d’Evreux, donc). Ils rendent cependant une copie trop appliquée, pleine de technique et d’ambition, mais qui cite malheureusement trop souvent ses sources et débite ses classiques sans se les être appropriés.

Un défaut que l’on ne reprochera certainement pas à Cats on Trees qui joue sur la grande scène sa pop légère et candide. Un éloge à la simplicité et à la grâce qui fonctionne plutôt bien auprès du public qui reprend en cœur tous les tubes saturant radios et chaines musicales. Beaucoup de tendresse dans ces frêles mélodies à qu’il ne manque qu’un peu de puissance pour faire frissonner 20 000 personnes.

Délaissant l’électro tzigane complètement festif et barré de Shantel, nous optons pour les intriguants MmMmM qui commencent leur concert par un morceau déclinant la prononciation de leur nom dans toutes les langues. Beaucoup de fraicheur pour ce groupe, d’entrain et de bonne humeur communicative. Pas forcément un grand moment de musique, mais des mélodies minimalistes ultra-efficaces qui restent en tête et une énergie à se décoller les fesses de la barrière ou de la pelouse et à chanter en cœur des refrains inconnus jusque là.

Comme une suite logique, c’est -M- qui fait le hold-up de cette soirée. Petite configuration à trois sur scène avec des musiciens qui ne restent pas dans l’ombre du -M- lumineux géant suspendu au dessus de la scène. Plaisir maximal pour -M- qui n’a joué que des morceaux connus de tous, et qui aurait pu continuer pendant des heures. Ça chante et ça danse de tous côté, -M- se permet même un petit slam dans la foule, guitare en mains. Bonheur partagé pour un artiste qui n’a plus rien à prouver sur scène, qui se contente de se faire plaisir, de nous faire plaisir, de se faire plaisir à nous faire plaisir…

On ne voit pas le temps filer, et c’est déjà l’heure de filer voir Disiz, pour qui les années ont passé depuis La Peste. Le jeune homme frêle s’est épaissi et ses textes malins et « un peu rigolo » se sont durcis. Le second degré des premiers albums est moins présent, le ton se fait plus percutant et désenchanté, parfois violent. On aime toujours la plume qui délivre des textes toujours touchants, seulement le son électro plus agressif prend hélas le dessus.

L’artiste plébiscité s’offre même un petit rappel, devant une foule plus nombreuse que sur la scène 2 où joue Eli Paperboy Reed. Il faut bien avouer que le jeune homme fait sonner un rock’n’roll à l’ancienne sans tâche certes, mais sans audace ni folie.

On aurait envie de faire sonner tambours et trompettes pour parler maintenant de David Guetta, clou strass et paillette de la soirée. Seulement voilà, ce qu’on retiendra de David Guetta, c’est un homme qui harangue la foule en criant dans un micro saturé et qui enchaine ses tubes sans originalité, on notera quelques remixes inédits. Sur scène c’est la débauche de moyens : lasers, canons à paillettes, fumées, lance-flammes… Un salon de l’équipement à lui tout seul, qui ne sert toutefois pas le propos (mais y’en-a-t-il ?) et qui nous laisse, malgré de multiples tentatives de bonne foi, de marbre.

En revanche, The 1969 Club fait complètement fondre la glace avec son rock puissant et lascif qui n’est pas sans rappeler The Kills. Laissant au groupe breton le soin de conclure cette soirée, seuls avec les quelques résistants à David Guetta, ils font résonner dans la nuit des accords d’un rock simple, sauvage et évident. Les lumières s’éteignent et les Papillons se dispersent dans la nuit… attendant l’année prochaine pour épingler de nouveaux spécimens connus à leur tableau de collection.

Jour 1Jour 2Jour 3

Textes : Margot Aymé
Photos : YAOF Design

Toutes les photos du festival par YAOF Design : ici
Site web du festival : www.papillonsdenuit.com