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Festival Papillons de Nuit #14 – Jour 1 (06/06/14)

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Sièges arrières repliés, coffre chargé : sur la route, les voitures se suivent et se ressemblent. Ce week-end, les vaches de Saint-Laurent-de-Cuves ont du pain sur la planche pour regarder passer tous les véhicules affluant vers le festival.

Le jeu de piste commence sur la route, il faut trouver l’accès, prendre les bracelets et enfin s’installer. Petite déception sur le camping : les infrastructures à disposition semblent un peu légères pour un festival de la taille des Papillons. Mais le soleil est au beau fixe et sur la butte du camping festivalier les Quechuas commencent à éclore.

Ouverture prévue à 19h et les gens ne cessent d’arriver, véhiculant par vagues cette euphorie mordante à laquelle contribuent l’apéro, la chaleur et autres excitants. Le public se masse devant l’entrée, les nuages s’accumulent dans le ciel et de part et d’autre la tension monte. À l’ouverture des portes, c’est la marée humaine, un bouillon de spectateurs, et les Papillons boivent la tasse. Le système de pose de bracelets est lent, les gens sont agacés et impatients, Bison Fûté annonce un vendredi noir sur l’accès au site.

Conséquence de cette lenteur : peu de gens assistent au concert de The Clockwork of the Moon, spécialité locale, qui vaut pourtant largement le détour. Comme pour narguer les impatients coincés dans la file d’attente, le site résonne des échos de leur folk-rock dosée de manière savante entre l’énergie planante du rock psyché et l’émotion sauvage des grands espaces d’une voix aux accents folk.

Étonnamment le public n’est pas si nombreux devant Naâman, pourtant programmé après l’heure de pointe. C’est qu’il est déjà en partie massé devant la grande scène pour le concert de Stromae à venir. Pourtant le reggaeman Normand, local de l’étape lui aussi, a la côte chez les jeunes (demoiselles). Heureusement son talent l’emporte sur sa belle gueule, il est solaire, charismatique et énergique, et propose un reggae positif et moderne.

Remontant vers la petite scène, on tombe devant BRNS qui démarre son concert. Le talent et la créativité des belges sont bien mal récompensés par la programmation qui les met en concurrence avec leur compatriote (légèrement plus connu) Stromae. L’assistance se vide à la moitié du set, ce qui n’empêche pas les happy few présents d’être emballés et d’en redemander. Entrainé par une batterie trépidante, BRNS synthétise ses influences rock et électro pour délivrer une pop musclée et dansante, un brin exotique et complètement jubilatoire.

Puisque nous sommes là pour prendre un bain de foule, autant déposer les armes et suivre le troupeau devant Stromae. Rendons justice au jeune belge, sa fougue et son plaisir sont communicatifs et transpercent les quelques 25000 personnes. Intergénérationnel et populaire, c’est toute la foule, des petits et des grands, des jeunes, des vieux, des branchés et des bidochons qui chante à plein poumons Papaoutai. Un grand rassembleur pour un grand rassemblement, les Papillons sont à l’unisson.

Pendant que Gablé s’installe sur scène, nous reprenons un bain de foule pour arracher un chétif kebab à l’espace restauration. L’ovni de cette soirée rassemble et tient son public de festivaliers affamés ou en pleine digestion. Si les surpris et déroutés sont nombreux devant la scène, le talent parle et après plus de cinq heures de son, l’extravagance élégante de Gablé est rafraichissante. Ces artisans du son réinventent la musique expérimentale sur scène en la rendant, par quelques mots et beaucoup de sourires, humaine et chaleureuse. Une vraie bonne surprise, douchée cependant par l’averse qui tombe du ciel à la fin du concert. Une trombe d’orage, qui ne fait que passer mais laisse la terre bien humide.

Du côté de la scène des Casseurs Flowters je doute même que quiconque en dehors des photographes ait même remarqué la pluie. L’ambiance est chaude, et si le public familial commence à évacuer le site, les festivaliers bien partis pour faire la fête profitent du rap 90’s des deux “buddys”, donnant leurs lettres de noblesse à une réalité triviale, le chainon manquant entre Zola et SuperGrave.

Plus tard deux groupes se partagent encore le public resté nombreux sur le site pour la dernière heure de la soirée : Skip & Die et Birth of Joy. Skip & Die régale les festivaliers en manque de grosses basses et de sonorités brésiliennes et africaines, festives, chaudes, puissantes et dansantes. On garde l’image hypnotique des corps en transe sous le rideau de pluie.

Sur les hauteurs du site, Birth of Joy régale les amateurs de rock, avec un son vintage, classique mais maitrisé et efficace du power rock trio. Si le rock devait être épuré et résumé, il faudrait citer Birth of Joy qui met la simplicité au service de la puissance sauvage. On se croirait d’autant plus à Woodstock que les averses tombant maintenant à répétition transforment le champ en mare de boue. Le public se précipite pour évacuer et les chutes sont inévitables. C’est la débâcle jusqu’à la tente, et cette première journée très étrange se termine en queue de poisson.

Jour 1Jour 2Jour 3

Textes : Margot Aymé
Photos : YAOF Design

Toutes les photos du festival par YAOF Design : ici
Site web du festival : www.papillonsdenuit.com